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Morlaix, soirée du 19 septembre 2014: Quand ils détruisent les lieux publics, les agriculteurs se trompent de combat! Déclaration du Front de Gauche Pays de Morlaix

Une nouvelle fois, les dirigeants libéraux et poujadistes qui dominent le monde agricole utilisent le désarroi et la colère réels des exploitants face à une chute de leurs revenus due essentiellement à la pression de la grande distribution, à l'absence de prix garantis, et à la mise en concurrence, pour s'attaquer au bouc-émissaire idéal: l'Etat, les fonctionnaires, le service public des impôts.  

Ce qui s'est passé hier soir, vendredi 19 septembre, à Saint Martin des Champs et à Morlaix est le retour d'une triste habitude qui ne doit pas masquer la gravité des faits. 

En 2005, déjà, de retour d'une manifestation à Rennes, des agriculteurs radicaux avaient cassé le centre des Impôts et molesté un policier qu'ils avaient poursuivi. 

Hier, à Morlaix, la violence organisée de certains agriculteurs a occasionné des milliers d'euros de dégâts à la charge du contribuable. 

Le Centre des Impôts restera fermé sans doute pendant quelques jours. 

Le but était bien d'incendier la totalité du Centre des Impôts après la MSA à Kériven: heureusement, les portes coupe-feu ont produit leur effet et empêché l'incendie de se propager même si une poutre maîtresse a été attaquée.

Mme Le Brun semble avoir assisté comme simple spectatrice à ces évènements fort prévisibles au Centre des impôts? A t-elle joué son rôle de maire  en tentant de dissuader ces actes de destruction?

Comment expliquer le deux poids, deux mesures? La disproportion évidente entre le dispositif de sécurité impressionnant visant à prévenir d'improbables débordements lors de la manifestation inter-syndicale du samedi 23 novembre 2013 pour l'emploi en Bretagne et la passivité face aux dégradations de certains agriculteurs, qui avaient pourtant été annoncées par des signes avant-coureurs, ce vendredi 19 septembre 2014? 

Les liens de l'UMP avec la FNSEA et une partie de l'électorat agricole n'auraient-ils pas pu lui donner une force de persuasion?

Pourquoi aujourd'hui tient t-elle le même discours que le bonnet rouge Thierry Merret et fait-elle preuve de mansuétude par rapport aux organisateurs de ces destructions qui pouvaient aussi mettre en danger des habitations et des biens de morlaisiens?  

On ne peut que s'étonner de l'attitude des autorités.

La sous-préfecture était gardée jusqu'aux dents mais pas le centre des Impôts, cible habituel alors que des destructions avaient eu lieu à Saint Martin des Champs quelques heures plus tôt? Les quelques représentants des forces de l'ordre en nombre bien insuffisants ont quitté les lieux au moment du déclenchement de l'incendie.

A Kériven, policiers et gendarmes ne sont pas intervenus pour protéger la MSA, la mutuelle agricole, et au centre des impôts de Morlaix, il a fallu attendre 1h30 et un départ des agriculteurs en direction de la RN 12 pour que les pompiers, empêchés d'entrer en action par les manifestants, puissent commencer à éteindre un incendie qui se propageait dangereusement. 

Faut-il croire que certains agriculteurs pilotés par un syndicat qui est le principal promotteur du système dont ils ont à souffrir, seraient au-dessus des lois?

Que pour eux, l'état de droit et l'égalité devant la loi ne s'appliqueraient pas?

Que leur pouvoir de lobbying serait trop important?

Où qu'on se résoudrait à des actes de dégradations et de violence périodiques considérés comme un exutoire nécessaire qu'il faudrait tolérer pour assurer la paix sociale?

Trop souvent, vis à vis des ces mouvements d'humeur très planifiés qui au regard de la loi sont des délits graves, voire des crimes, on est dans la culture de l'impunité. 

On est loin d'être aussi complaisant avec les ouvriers dans les conflits sociaux, avec les précaires quand ils tombent dans l'incivilité ou la petite délinquance. 

Les paysans légumiers du Léon et du Trégor ont très certainement des motifs de mécontentement justifiés mais ils se trompent d'adversaire et de méthode quand ils pratiquent la dégradation à grande échelle et s'attaquent au service public et à l'argent du contribuable. 

C'est un système basé sur la mise en concurrence généralisée, la volatilité des prix, la souveraineté des grandes surfaces, le surendettement et la course à la productivité qu'il faut remettre en question pour répondre au malaise paysan.    

Le Front de Gauche du Pays de Morlaix.

 

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